posted on 2022-09-07, 07:51authored byJean-Baptiste Santamaria
<p>Fille du roi Philippe V et de Jeanne de Bourgogne, Marguerite de France
(1312-1382) est une figure majeure et pourtant méconnue du XIVe siècle. Après
une éducation soignée marquée par l’influence de Mahaut ainsi que par les
raffinements et les crises qui caractérisent la cour des derniers Capétiens,
elle est mariée au futur comte de Flandre Louis de Nevers en 1320. Investie de
la délicate mission de réconcilier les lions et les lys, elle affronte des
débuts calamiteux sur le plan personnel et politique avant que son installation
en Flandre et la naissance de l’héritier Louis de Male ne lui confèrent une
certaine influence. Si les révoltes flamandes puis le veuvage la conduisent à un
retrait apparent, elle maintient la Flandre dans l’alliance française en
imposant à son fils une série de mariages. Héritant en 1361 des comtés d’Artois
et de Bourgogne, elle devient une figure essentielle du jeu politique,
redressant une situation d’abord périlleuse et rassemblant autour d’elle un
nouveau parti bourguignon. Cette vie de princesse est marquée par une intense
circulation s’appuyant sur un vaste réseau de résidences, et s’accompagne des
raffinements d’un mode de vie princier qui éclaire sur une culture matérielle
mêlant usages français, septentrionaux et bourguignons. Du mécénat aux pratiques
dévotionnelles s’élabore l’identité complexe d’une fille de roi de France
marquée par Mahaut d’Artois, jouant des images traditionnelles d’un pouvoir
féminin pacificateur tout en recourant à la force. A ce titre, elle peut être
considérée comme une marraine de l’Etat bourguignon.</p><p><br></p><p>Annexes à: Jean-Baptiste Santamaria, Marguerite de France, comtesse de Flandre, d’Artois et de Bourgogne (1312-1382), Burgundica, 34 (Turnhout: Brepols, 2022)<br></p><p><br></p><p><br></p><p><br></p><p><br></p>